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Dépression : Les femmes toujours plus à risque?


Ménarche et puberté

Durant l’enfance, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la dépression est légèrement plus prévalente, non pas chez les filles, mais bien chez les garçons. Toutefois, à partir de la ménarche, le ratio de 2:1 entre filles et garçons s’instaure. Bien que l’on ignore encore avec certitude la raison de ce changement, plusieurs hypothèses liées au commencement du cycle menstruel ont été proposées. D’abord, les hormones gonadiques auraient un impact sur l’un des systèmes reliés à l’humeur, soit celui de la sérotonine (5-HT). En effet, l’estrogène et la progestérone auraient un impact au niveau de la transcription et de la répartition des récepteurs 5-HT, rendant la femme plus vulnérable au développement de la dépression. Également, une autre hypothèse est que les profonds changements hormonaux vécus par le corps avec l’instauration du cycle menstruel se répercutent sur tout le système endocrinien. Ainsi, il rendrait l’axe HPS (Voir Section Sexe, genre et réactivité au stress, sous-section l’axe hypothalamo-pituito-surrénal) beaucoup plus vulnérable à certains stresseurs psychosociaux durant cette période, ce qui pourrait se répercuter sur le contrôle de l’humeur.   

De plus, l’adolescence, tel que mentionné précédemment, est une étape-clé dans le renforcement de la féminité chez les jeunes filles. En effet, la ménarche change la perception que l’entourage ainsi que la jeune fille ont d’elle-même. Populairement, c’est la transition vers le monde des femmes, ce qui renforce l’identité de genre chez les jeunes filles. Ainsi, l’image de la jeune fille fragile est socialement encouragée, comparativement aux jeunes garçons, et cela peut se répercuter sur la façon dont le stress est géré durant cette période.

 

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Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web