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Ménopause et andropause


Ménopause vs Andropause : Difficulté de diagnostic chez les hommes

Bien que la ménopause soit reconnue comme une condition existante depuis très longtemps dans la littérature, ce n’est que depuis le début du XXIe siècle que les scientifiques se sont mis en tête de chercher son éponyme masculin, l’andropause. Même s’il ne s’agit pas du miroir du processus féminin de la ménopause, beaucoup de preuves tendent aujourd’hui vers l’existence de ce qui pourrait être appelé une « andropause ». Toutefois, il existe, encore des réserves quant à l’existence de cette dernière et, surtout, par rapport à la façon dont il faut gérer cette condition.

Diagnostiquer la ménopause

Tout d’abord, les symptômes de la ménopause sont plus facilement identifiables, autant par la personne qui en fait l’expérience que par le professionnel de la santé qui doit poser un diagnostic. D’abord, les professionnels de la santé, en considérant l’âge de la patiente, pensent à la ménopause dès les manifestations de certains symptômes dans la période de la périménopause, soit la période où la fonction folliculaire de l’ovaire est grandement diminuée, mais pas encore complètement interrompue. Les symptômes associés sont une irrégularité menstruelle, des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes, des difficultés du sommeil, de l’irritabilité, des sautes d’humeur, des difficultés de concentration, des pertes de mémoire, un gain pondéral au niveau abdominal, de l’ostéoporose, une diminution de la libido ainsi que de la sécheresse vaginale. Par contre, le diagnostic officiel de ménopause se pose lorsqu’une femme a une période d’aménorrhée de 12 mois consécutifs, soit l’arrêt des menstruations pendant une période d’un an. Toutefois, étant donné que l’arrêt de la production d’estrogène et de progestérone est brusque et ces manifestations très évidentes, il y a très peu de chances de poser un mauvais diagnostic ou de commencer une hormonothérapie non nécessaire. La seule exception à ceci étant les cas de ménopauses précoces qui sont parfois confondus au premier abord avec une grossesse.  

Diagnostiquer l’andropause

Pour l’homme, le tableau est très différent puisque le déficit en androgènes s’installe graduellement. Toutefois, ce déficit, quoiqu’il constitue un phénomène normal associé au vieillissement, n’affecte pas tous les hommes au même degré d’intensité. Ainsi, le terme andropause n’est pas vraiment approprié dans ce cas, car contrairement à la ménopause, il ne s’agit pas d’un arrêt complet de la fonction endocrine testiculaire, mais bien d’une diminution de cette dernière. Les spécialistes de la santé ont donc préférentiellement choisi d’utiliser les expressions « déficit androgénique lié à l’âge »  (DALA) ou encore « syndrome de déficit en testostérone » (SDT) qui conviennent mieux à la condition inhérente. En effet, chez les hommes, la quantité de testostérone produite par les gonades commence à diminuer à partir de la troisième décennie de vie à un rythme d’environ 1 à 2% par année. Toutefois, cette apparition graduelle du déficit a aussi des répercussions négatives puisqu’elle complique grandement le diagnostic par les professionnels de la santé. Même s’il a été établi qu’une diminution de la fonction endocrine testiculaire s’installe graduellement chez tous les hommes, une diminution de la quantité de testostérone n’est pas suffisante pour permettre de diagnostiquer et d’envisager l’utilisation d’une hormonothérapie. Néanmoins, puisque les symptômes du DALA se manifestent progressivement, l’individu ne perçoit pas nécessairement ces changements avec clarté ou n’en fait simplement pas mention à son médecin. Ce dernier doit donc être en mesure de cerner une constellation de symptômes physiques et psychologiques chez un patient dont l’âge laisse suggérer ce diagnostic et qui ne se sent pas nécessairement moins en santé qu’auparavant. Voici certains de ces symptômes : diminution de la libido, dysfonction érectile, insomnie, dépression, irritabilité, sautes d’humeur, problèmes de concentration, perte d’énergie ou de force musculaire, gain de poids viscéral, perte de masse musculaire et gynécomastie. De plus, étant donné que cette condition n’est connue que depuis peu de temps, certains professionnels ne possèdent pas toutes les connaissances requises et, par le fait même, ne pensent pas toujours au déficit androgénique et attribue ces symptômes à d’autres problèmes de santé comme la dépression majeure ou encore l’hypothyroïdie. Ainsi, certains passent à côté du diagnostic, par exemple, parce qu’ils ne mesurent que le taux de testostérone sanguin total. Il faut savoir qu’avec l’âge, il y a une quantité augmentée de globulines de fixation des hormones sexuelles (Sex-hormon Binding Globuline ou SHBG), une protéine à laquelle est fixée la presque totalité de la testostérone voyageant dans la circulation sanguine. Or, comme la testostérone sous forme libre, soit celle non fixée à la SHBG, est diminuée, la biodisponibilité de la testostérone, c’est-à-dire la capacité de diffuser dans les tissus du corps, est diminuée. Alors, bien qu’il n’y ait pas un manque global de testostérone, le manque partiel peut être suffisant pour occasionner les symptômes d’un déficit.

 

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Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web