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Régulation de la production d’hormones sexuelles et cycle menstruel


Grossesse et parturition

Contrairement au cycle menstruel normal, lorsqu’il y a fécondation de l’ovule, le corps jaune ne se dégénère pas et continue de produire de la progestérone. En effet, dès que l’implantation de l’embryon s’effectue autour du sixième jour post-conception, les cellules commencent à se différencier. Certaines de ces cellules, qui formeront plus tard le placenta, commencent à produire une hormone, la gonadotrophine chorionique (hCG), très semblable à l’hormone lutéinisante (LH). La hCG permet donc de sécréter la progestérone nécessaire pour maintenir l’épaississement de la paroi utérine et éviter le retour du cycle menstruel durant la grossesse. C’est d’ailleurs cette hormone qui est détectée dans le test de grossesse urinaire, puisqu’elle n’est produite qu’en présence d’un embryon. Toutefois, la progestérone, à partir de la sixième semaine post-conception, cesse d’être produite par l’ovaire. C’est le placenta qui prend la relève en synthétisant lui-même cette hormone afin d’éviter la desquamation de l’utérus, c’est-à-dire la perte de la couche superficielle de la paroi utérine dans laquelle l’ovule s’est implantée. Le même processus se produit aussi avec l’estrogène. Ainsi, les concentrations élevées de stéroïdes sexuels synthétisés par le placenta sont suffisants pour produire une inhibition de l’axe HPG.

Il est intéressant de savoir que, durant la grossesse, le volume de la glande pituitaire antérieure augmente, et ce, malgré l’inhibition de production de gonadotrophines. En effet, le haut niveau d’estrogènes provenant du placenta stimule la production de l’hormone prolactine par la glande pituitaire, augmentant ainsi les niveaux de prolactine bien au-delà de ceux généralement observés. Cette hormone stimule la croissance des seins en vue de la lactation et inhibe la production de GnRH par la mère. Ce n’est pas la seule hormone dont la production est accélérée au cours de la grossesse. En effet, le placenta produit la corticotrophine chorionique humaine (hCC), une hormone qui stimule l’axe HPS de la mère. Il y a donc une production augmentée de cortisol chez la mère à partir de la deuxième moitié de la gestation. Le cortisol aurait un effet contraire à celui de la progestérone au niveau de l’utérus et aurait donc un rôle dans le déclenchement de l’accouchement. Les niveaux d’oxytocine augmentent aussi graduellement, jusqu’à atteindre un seuil suffisant pour provoquer la contraction des muscles utérins, déclenchant ainsi la parturition, c’est-à-dire l’accouchement.

Au début de la période de post-parturition, soit la période immédiatement après avoir donné naissance à un enfant, on observe un pic de sécrétion de FSH et de LH. Cela pourrait s’expliquer par le retrait de la rétro-inhibition qui s’est produite pendant les neuf mois de grossesse sur l’axe HPG. Toutefois, chez la plupart des femmes, le cycle menstruel ne recommencera que lorsque la femme arrêtera d’allaiter. En effet, la diminution de la concentration de prolactine enlève l’inhibition de cette dernière sur la production de GnRH et ainsi, le cycle «normal» reprend son cours.   

 

 


Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web