Sexe, genre... en savoir plus

Régulation de la production d’hormones sexuelles et cycle menstruel


Adolescence

Ce ralentissement dans la production n’est que momentané puisque, lorsque la puberté survient, la production d’hormones sexuelles retrouve un rythme accéléré. D’abord, c’est principalement la nuit que l’inhibition du système nerveux central est diminuée et que la sécrétion pulsatile de GnRH et de LH est significative. Pourtant, les causes provoquant en soi la fin de l’inhibition de l’axe hypothalamo-pituito-gonadique et le début de la puberté sont encore incertaines. Il semble que l’indice de masse corporel (IMC), une mesure prenant en compte la masse et la taille d’un individu, joue un rôle important dans le déclenchement de la puberté. Cette corrélation est observable par l’âge des premières menstruations. En effet, chez les jeunes filles ayant un IMC supérieur à 25 et souffrant donc d’embonpoint ou d’obésité, l’âge des premières menstruations est diminué par rapport à la moyenne populationnelle tandis qu’à l’inverse, chez les jeunes filles pratiquant la danse, la gymnastique ou un entraînement sportif intensif, l’âge des premières menstruations est augmenté par rapport à la moyenne populationnelle. Ce serait la leptine, une hormone produite par les cellules adipeuses, qui serait en cause. Bien que le principal rôle de cette hormone soit de réguler la satiété, elle semble aussi indiquer à l’hypothalamus si les réserves de graisses sont suffisantes pour fournir l’énergie nécessaire au cycle menstruel. Une famille de peptides a récemment été découverte et il semble qu’elle pourrait être impliquée également dans le phénomène. Cette famille de peptides, les kisspeptines, stimule la production pulsatile de GnRH. Elles joueraient donc un rôle important dans le déclenchement de la puberté. Finalement, l’hérédité a une influence certaine sur l’âge de déclenchement de la puberté, en particulier sur l’âge de la ménarche, soit le début des menstruations.

La puberté est différente chez les garçons et les filles, mais débute dès l’âge de 7 ou 8 ans par ce qu’on appelle l’adrénarche, c’est-à-dire l’augmentation de la production de stéroïdes sexuels par le cortex surrénal. Toutefois, comme la quantité de stéroïdes produite est assez faible, les seuls changements associés sont l’apparition de poils axillaires et pubiens. Les changements que l’on attribue à la puberté ne sont vraiment apparents qu’à partir de la gonadarche, soit l’accélération de la production de stéroïdes par les gonades suite à la diminution de l’inhibition de l’axe HPG. Chez le garçon, il n’y a pas vraiment de moment qui établit de manière claire l’entrée dans la puberté, puisque le principal changement occasionné par l’augmentation de la FSH et de la LH est l’augmentation graduelle du volume testiculaire, pénien, prostatique et du volume des vésicules séminales. Toutefois, la maturation des organes génitaux permet la spermarche qui est la première expérience d’éjaculation chez un garçon. Chez la jeune fille, une faible quantité d’hormones permet la thélarche, soit le développement des seins, alors qu’une quantité plus importante permettra la croissance de l’utérus et la maturation des follicules ovariens, menant vers l’étape-clé de la puberté chez les jeunes filles qu’est la ménarche, soit le déclenchement des premières menstruations.

Page suivante : Âge adulte


Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web