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Régulation de la production d’hormones sexuelles et cycle menstruel


Âge adulte

Une fois la puberté commencée chez la femme, le cycle menstruel se met en place en étroite corrélation avec la régulation de la sécrétion de FSH et de LH. Tout d’abord, la sécrétion de GnRH n’est pas continue, mais pulsatile afin d’éviter une désensibilisation. Cela évite que les récepteurs s’habituent et nécessitent une concentration du plus en plus importante d’hormones pour être activés. Toutefois, le rythme auquel la sécrétion de GnRH se produit serait ce qui détermine quelle gonadotrophine sera produite préférentiellement. Ainsi, une fréquence de pulsation plus rapide, soit d’environ 60 minutes, favoriserait la sécrétion de la LH, alors qu’à un rythme plus lent, soit 3 à 4 heures, favoriserait la production de la FSH. Cela s’explique par le fait que l’ovaire produit différents peptides ayant un impact sur la régulation de l’axe hypothalamo-pituito-gonadique. Il produit l’inhibine qui, comme son nom indique, vient inhiber la production de FSH par la glande pituitaire antérieure, l’activine qui vient stimuler la production de FSH et la follistatine, qui elle, vient inhiber l’activine plutôt que la glande pituitaire. Or, la production de follistatine est directement liée à la production de GnRH, de sorte que plus les fréquences de sécrétion sont élevées, plus il y a de follistatine et moins il y a de FSH produit.   

Afin de faciliter la compréhension de la régulation endocrine, un cycle de 28 jours sera utilisé dans l’exemple qui suit. Le jour 1 d’un cycle correspond au premier jour des menstruations et au début de la phase folliculaire (phase où la maturation du follicule de l’ovule et l’épaississement de la paroi de l’utérus surviennent en vue de l’ovulation). Au commencement de cette période, les niveaux autant de FSH que de LH sont bas. Durant la première moitié, une augmentation graduelle de la FSH principalement est observable, menant à la maturation du follicule. Cette maturation lui permet de produire de plus en plus d’œstradiol, un estrogène. Ce dernier est différent des autres hormones sexuelles puisqu’il peut autant inhiber la production de GnRH que la stimuler. Cela peut sembler contradictoire, mais ce phénomène dépend fondamentalement d’une valeur seuil. Au fur et à mesure que le follicule ovarien se développe, il devient capable de produire de plus en plus d’estrogène. Lorsque les niveaux d’estrogène augmentent, mais restent sous ce seuil, l’œstradiol provoque une rétro-inhibition de la GnRH, ce qui inhibe la production de FSH. C’est ce qui se produit à partir de la moitié de la phase folliculaire. On assiste à une diminution de la FSH vers un niveau semblable à celui du jour 1 du cycle. Toutefois, étant donné que le follicule continue de se développer, les niveaux d’estrogène continuent d’augmenter et, juste avant l’ovulation au 14e jour, l’estrogène dépasse cette valeur seuil et stimule la production de GnRH, provoquant une augmentation soudaine des niveaux hormonaux de la FSH et de la LH. Les kisspeptines seraient également en cause ici puisque l’augmentation d’œstradiol provoquerait leur sécrétion, et donc, la stimulation de la production de GnRH. C’est le pic de LH qui provoque la rupture du follicule et donc, l’ovulation et l’entrée dans la deuxième phase du cycle, soit la phase lutéale.

Cette phase de 14 jours est caractérisée par la présence non plus d’un follicule complet, mais bien du corps résiduel, aussi appelé corps jaune. Ce dernier, plutôt que de produire de l’œstradiol produit principalement de la progestérone. Celle-ci a pour effet d’empêcher l’action activatrice de l’estrogène et de ramener les concentrations de FSH et de LH au niveau le plus bas du cycle. Lorsqu’il n’y a pas de fécondation, le corps jaune dégénère graduellement, diminuant les niveaux d’estradiol et de progestérone. Lorsque ceux-ci sont assez bas, d’abord la desquamation de la paroi utérine se produit provoquant les menstruations en soi, puis, les niveaux de stéroïdes sexuels ne permettant pas l’inhibition de l’axe HPG, les niveaux de FSH et de LH se mettent à augmenter de nouveau pour permettre la maturation d’un autre follicule. C’est donc cette alternance entre inhibition et activation de la production de GnRH qui provoque les changements cycliques dans les niveaux d’estrogène et de progestérone chez la femme.

Quant à lui, l’homme n’a pas de cycle en tant que tel dans sa production d’androgène parce qu’il n’y a pas de rétro-activation dans son cas, mais seulement de la rétro-inhibition. Ainsi, ils ont un niveau presque constant de testostérone avec de très légères variations de concentration. En effet, contrairement à la femme, lorsque le GnRH est libéré et déclenche la production de testostérone, cette dernière vient inhiber l’hypothalamus afin d’éviter la surproduction de testostérone. Lorsque les niveaux de testostérone diminuent de nouveau, l’inhibition est levée pour que la production de testostérone reprenne afin de maintenir la testostérone dans le seuil physiologiquement normal. Il y a donc une nouvelle sécrétion de GnRH, d’où la création d’une sécrétion non continue, ou pulsatile, par l’hypothalamus. Ainsi, on considère que l’homme a une production tonique de testostérone puisque les variations hormonales ne sont pas significatives comme elles le sont chez la femme.

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Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web