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Sexe, genre et réactivité au stress


L’axe hypothalamo-pituito-surrénal

Sommairement, l’axe hypothalamo-pituito-surrénalien (HPS) prend sa source dans le noyau paraventriculaire de l’hypothalamus (PVN). Toute l’information sur le stress et l’homéostasie hormonale provenant de différentes régions cérébrales finit par converger vers cette région de l’hypothalamus. Quand une situation est perçue comme menaçante ou stressante, l’activation de l’axe HPS est déclenchée mettant ainsi en branle une cascade d’événements hormonaux (voir figure 1).

Le PVN synthétise le facteur de libération de corticotropine (CRHF) qui se lie à ses récepteurs au niveau de la glande pituitaire antérieure. Cela stimule la production de l’hormone adrénocorticotrope (ACTH) qui est envoyée dans la circulation sanguine. Au moment où l’ACTH atteint le cortex surrénal, elle incite la libération de glucocorticoïdes, le principal chez l’humain étant le cortisol. Le cortisol est alors relâché dans le sang. La majorité du cortisol circulant dans le sang est liée à une protéine de transport, principalement à la globuline de liaison de corticostéroïdes (CBG). Il est important de souligner que lorsque le cortisol est dosé dans le sang, la partie liée et la fraction libre ou non-liée à la CBG est observable. À l’inverse, seule la fraction libre est observable lorsque le cortisol est mesuré dans la salive. Par ailleurs, seul le cortisol libre est actif biologiquement. En effet, le cortisol est un stéroïde, donc il est liposoluble. Il peut alors traverser la membrane cellulaire, elle-même lipidique pour accéder et activer les récepteurs situés dans le cytoplasme de la cellule-cible. La CBG est une protéine hydrophile qui est incapable de traverser la membrane cellulaire, donc si le cortisol y est lié, il n’a aucune chance d’activer un récepteur. De plus, grâce à ses propriétés lipidiques, le cortisol est aussi en mesure de traverser la barrière hémato-encéphalique pour agir sur les récepteurs de cellules-cibles dans le cerveau. Cela est en fait nécessaire pour la régulation de l’axe HPS afin de rétablir l’homéostasie. Lorsqu’il y activation de l’axe HPS, les niveaux de cortisol augmentent dans le sang. Ainsi, lorsque l’homéostasie hormonale est en déséquilibre, une certaine proportion du cortisol remonte au niveau de l’hypothalamus et de la pituitaire pour inhiber la sécrétion du CRF et de l’ACTH et par conséquent, sa propre sécrétion. Ce phénomène est connu sous le nom de boucle de rétroaction négative. L’ACTH et le CRF agissent également comme inhibiteur au niveau hypothalamique par d’autres boucles de rétroaction négative. Bref, la régulation globale de l’axe HPS est sous-tendue par la stimulation en chaîne de glandes endocrines par les hormones afférentes et par l’inhibition issue de plusieurs boucles de rétroaction négative par ces mêmes hormones. Évidemment, l’efficacité de la régulation dépend de la réactivité de l’axe ainsi que de la sensibilité des récepteurs des cellules-cibles.

Le cortisol a une variété d’impacts physiologiques. Il joue un rôle prépondérant au niveau métabolique en mobilisant des ressources pour fournir l’énergie nécessaire dans des contextes où le corps fait face à une épreuve ou une menace, donc en situation de stress. Il participe également à la régulation d’autres systèmes comme le système immunitaire, l’axe sympatho-médullo-surrénalien (SAM), le système cardiovasculaire et les processus affectifs et cognitifs comme la mémoire.


Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web