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Sexe et différenciation sexuelle


Le terme sexe réfère à la signature biologique d’un individu. On peut adresser le sexe d’un point de vue génétique parce que l’individu est génétiquement prédisposé à être un homme ou une femme, ou d’un point de vue hormonal parce que l’individu mâle produit majoritairement des hormones sexuelles mâles (androgène) et l’individu femelle sécrète essentiellement des hormones sexuelles femelles (estrogène et progestérone). Pour mieux saisir le sens biologique du concept de sexe, une brève explication de la différentiation sexuelle dans le milieu intra-utérin suit.

La différenciation sexuelle génitale

Chaque cellule somatique d’un être humain normalement développé contient 23 paires de chromosomes. Un chromosome de chaque paire provient de la mère de l’individu et l’autre du père. La 23e paire, plus connue sous le nom de chromosomes sexuels, n’est pas la même chez l’homme et chez la femme. L’individu féminin est porteur de la paire XX tandis que l’individu masculin porte la paire XY. De façon surprenante, l’embryon humain n’est ni mâle ni femelle jusqu’à la 7e semaine après la conception. En fait, à cette période, l’embryon possède un système reproducteur primitif avec des gonades qui peuvent se développer ultérieurement soit en ovaires, soit en testicules. En même temps, il y a formation de deux systèmes de canaux reproductifs, un femelle, soit le canal Müllérien et un mâle, soit  le canal de Wolff. Le canal Müllérien deviendra plus tard l’utérus, les trompes de Fallope et une partie du vagin chez la fille et le canal de Wolff évoluera en vésicule séminale, en canal déférent et en épididyme chez le garçon. Donc, jusqu’à la 7e semaine de gestation, chaque embryon possède toutes ces structures et a conséquemment le potentiel de devenir une petite fille ou un petit garçon. Qu’est-ce qui déclenche la différenciation sexuelle alors? 

Fondamentalement, vers la 8e semaine de gestation, ce sont les chromosomes sexuels qui déclenchent la différenciation et qui, en quelque sorte, décident si c’est la voie féminine ou masculine qui doit être prise. Chez le mâle, le chromosome Y porte un gène (SRY) qui agit comme déclencheur d’une cascade d’évènements qui font en sorte que l’embryon se développe en tant que garçon. Une fois ce gène activé, les gonades primitives deviennent les testicules qui, à leur tour, commencent à sécréter la testostérone, la principale hormone sexuelle mâle. La testostérone stimule alors le canal de Wolff, menant ainsi au développement du système reproducteur mâle. De plus, la conversion périphérique de la testostérone en dihydrotestostérone favorise la formation du pénis, de la prostate et du scrotum. Au même moment, les testicules produisent un facteur inhibiteur menant à l’atrophie et à l’éventuelle dégénération du canal Müllérien ne laissant ainsi aucune chance au développement sexuel féminin.

De l’autre côté, l’embryon féminin ne possède pas de chromosome Y et par le fait même, ne dispose pas de ce gène déclencheur. Alors, les gonades primitives évoluent en ovaires, l’absence de testostérone incite le développement sexuel dans la direction féminine, le canal Müllérien évolue en système reproducteur féminin et le canal de Wolff se résorbe. Donc, le modèle de développement de base ou par défaut est en fait féminin, à moins de l’intervention du chromosome Y. Si celui-ci est absent, ou déficient, l’embryon deviendra une fille, du moins d’un point de vue génétique. En général, au bout de 12 semaines de gestation, le fœtus voit tout son système reproducteur ainsi que ses organes génitaux externes complètement différenciés.



Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web