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Sexe et différenciation sexuelle


La différenciation sexuelle du cerveau

Maintenant que la différenciation sexuelle est complétée au niveau génital, les processus de dimorphisme sexuel au niveau cérébral sont mis en place. La dérivation du développement du système nerveux et du cerveau vers la direction masculine ou féminine est principalement sous-tendue par les hormones sexuelles. Cette différenciation prend plutôt place dans la deuxième moitié de la grossesse. À cette période, les hormones sexuelles ont un impact organisateur sur différentes structures du cerveau en développement. Plus tard, durant la puberté par exemple, les substrats neuronaux précédemment organisés dans le ventre de la mère, sont activés par les hormones sexuelles. Donc, par exemple, si le cerveau est organisé dans la direction féminine en période prénatale, ce n’est qu’à la puberté, avec la montée d’estrogène et de progestérone, que cette organisation est activée pour déclencher, par exemple, les cycles menstruels. (Voir section Régulation des hormones sexuelles et cycle menstruel – sous-section âge adulte)

Chez le fœtus mâle, les testicules sécrètent de grandes quantités de testostérone qui peut être métabolisée en dihydrotestostérone (DHT) par le biais de l’enzyme réductase et en estrogène par l’enzyme aromatase. En accédant au cerveau, la DHT active les récepteurs d’androgène présents dans plusieurs régions cérébrales qui ont pour fonction de masculiniser le cerveau. De la même façon, l’estrogène active les récepteurs cérébraux d’estrogène ce qui aura comme résultat la déféminisation du cerveau. Ces mutuelles actions de masculinisation et de déféminisation mènent à la création et à l’organisation du cerveau mâle.

Puisque le développement de base est féminin, les processus de développement d’un cerveau femelle est quelque peu différent. L’estrogène produite par les ovaires du fœtus et de la mère ne doit pas se rendre au cerveau pour activer les récepteurs d’estrogène puisque cela mènerait à la déféminisation. Le cerveau est donc protégé par une protéine nommée a-fetoprotéine qui se lie à l’estrogène et transporte l’hormone jusqu’au foie de la mère où elle est métabolisée. De plus, puisque les gonades féminines produisent que de très petites quantités d’androgènes, le cerveau ne peut être masculinisé. Alors, dans ce cas, c’est plutôt l’impossibilité de masculinisation et de déféminisation du cerveau qui résulte en la création et l’organisation du cerveau femelle.

Donc, la différenciation sexuelle du cerveau est principalement l’oeuvre des hormones sexuelles, mais elles ne sont pas les seules impliquées dans ce processus. Une série de gènes exprimés à cette période de développement nerveux ont aussi des impacts directs et indirects sur la différentiation cérébrale entre les sexes.   

En résumé, le concept de sexe est tracé par la biologie, le contexte génétique et le milieu hormonal. C’est en quelque sorte l’estampe de la nature, presque indiscutable et irréversible. Bref, c’est l’humain à son état pur, sans apprentissages et sans socialisation.  


Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web