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22 octobre 2015

Réponse biologique au stress : l’orientation sexuelle joue un rôle important

Montréal, le 22 octobre 2015 – Les gais, lesbiennes et bisexuels ne réagissent pas de la même façon que les hétérosexuels à des situations stressantes. Telles sont les conclusions d’une étude publiée dans Biological Psychiatry par une équipe de chercheurs du Centre d’études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal) affilié à l’Université de Montréal.

La recherche a déjà démontré que les différences sexuelles et socioculturelles ont une influence sur la manière dont notre organisme réagit à une augmentation du cortisol – une hormone de stress. Les hommes réagissent de manière plus marquée que les femmes à une situation stressante. Cependant, il restait à déterminer si l’orientation sexuelle a un impact sur la réactivité au stress.

« Les lesbiennes, les gais et les bisexuels (LGB) ont fréquemment rapporté une détresse plus marquée à l’égard de situations stressantes associées au stigma de leur orientation sexuelle. Nous avons voulu savoir s’il existe une différence des niveaux de cortisol entre les LGB et les hétérosexuels en réponse à un test de stress », déclare Robert-Paul Juster, premier auteur de l’étude.

Quatre-vingt sept adultes (moyenne d’âge = 25 ans) ont été regroupés selon leur orientation sexuelle : femmes lesbiennes/bisexuelles (n = 20), femmes hétérosexuelles (n = 21), hommes gais/bisexuels (n = 26) et hommes hétérosexuels (n = 20). Les niveaux de cortisol salivaire ont été mesurés au cours d’une épreuve de stress social classique appelé le « Trier Social Stress Test ».

Les résultats révèlent :
1.    Qu’il y a une augmentation plus marquée du cortisol chez les hommes hétérosexuels que chez les femmes hétérosexuelles.
2.    Que l’orientation sexuelle est un facteur prépondérant, puisque les niveaux de cortisol sont plus élevés :
• chez les femmes gaies/bisexuelles, comparés aux femmes hétérosexuelles;
• chez les hommes hétérosexuels, comparés aux hommes gais/bisexuels.

« C’est la première fois qu’une étude indique que la réactivité au stress dépend non seulement du sexe, mais de l’orientation sexuelle », déclare Jens Pruessner, co-auteur senior et chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. « Elle ouvre la voie à d’autres études sur le fonctionnement physiologique des minorités sexuelles », conclut-il.


À propos des auteurs

Robert-Paul Juster est doctorant au Département de neurologie et neurochirurgie de l'Université McGill et travaille au sein de l’équipe du Centre d’études sur le stress humain de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal affilié à l’Université de Montréal.

Sonia Lupien est chercheure à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal) et professeure titulaire au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal. Elle est fondatrice et directrice du Centre d’études sur le stress humain.

Jens C. Pruessner est chercheur à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas (CIUSSS de l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal) et professeur agrégé au Département de neurologie et de neurochirurgie de l’Université McGill.

Jim Pfaus est chercheur au sein du Groupe de recherche en neurobiologie comportementale et professeur agrégé au Département de psychologie de l’Université Concordia.

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Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web