Dans la vie courante

5 novembre 2013

Le stress des travailleurs diffère entre les sexes

Les sexes ne sont pas égaux… lorsque vient le temps de parler du stress au travail. Au-delà du sexe, l’âge d’une personne ainsi que son statut dans la hiérarchie — ou, ce que l’on appelle le statut occupationnel, qui représente le prestige, l’éducation et le revenu – vont également influencer la santé mentale et physique des travailleurs.

Pour faire la lumière sur ce sujet, environ 200 travailleurs de la région Montréal présentant une bonne santé ont été invités au laboratoire de Dre Bianca D’Antono à l’Institut de Cardiologie de Montréal. Ils ont été exposés à une variété de tests psychologiques et une collecte de nombreuses mesures biologiques a été effectuée. Un score de charge allostatique a été calculé en combinant des informations telles que le niveau de cholestérol, d’hormones de stress, de sucre et la pression sanguine, pour n’en nommer que quelques uns. Ainsi, un score allostatique plus élevé représentait une moins bonne santé.

L’article scientifique, dont le premier auteur est Robert-Paul Juster, du Centre d’études sur le stress humain, relatait que les femmes ayant un statut occupationnel plus élevé avaient une charge allostatique plus faible, démontrant ainsi les effets bénéfiques d’un statut occupationnel élevé contre les problèmes psychologiques. À la grande surprise des chercheurs, la situation est totalement à l’opposé pour les hommes: un statut occupationnel élevé est plutôt associé à une forte charge allostatique, ce qui suggère qu’être au sommet pourrait plutôt être un désavantage biologique pour les hommes. Les recherches chez les primates démontrent des résultats similaires, où être un mâle alpha n’est pas synonyme de bonne santé.  


Le groupe de recherche a également été en mesure d'identifier d’autres morceaux du casse-tête, entre autres sur la façon dont le stress au travail « colle à la peau » et ce qui peut être fait à ce sujet. Par exemple, les femmes à faible statut occupationnel, mais qui maintiennent un bon niveau de contrôle sur leur travail, avaient des niveaux de charge allostatique inférieurs. En outre, les hommes plus âgés avec plus de soutien social au travail rapportaient moins de symptômes dépressifs, tandis que les jeunes femmes ayant plus de soutien social au travail rapportaient moins de symptômes d'anxiété. Pris ensemble, ces résultats montrent combien il est important de regarder différentes configurations de facteurs de risque et de protection en milieu de travail, et ce, en fonction des sexes.


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Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web