Dans la vie courante

22 novembre 2011

Les hormones de stress présentes dans les cheveux, depuis les six derniers mois, sont élevées chez les personnes atteintes de dépression.

Les personnes qui souffrent de dépression ont généralement des niveaux élevés de cortisol, une hormone de stress. Depuis de nombreuses années, les niveaux de cortisol se mesurent dans le sang, l’urine et la salive, ce qui permet aux scientifiques de connaître les niveaux de cortisol au moment de l’échantillonnage. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de le mesurer dans des segments de cheveux, ce qui permet d’avoir des mesures rétrospectives des niveaux de cortisol. Puisque nous savons que les cheveux poussent d’environ 1 cm par mois, nous pouvons couper une mèche de cheveux afin d’obtenir de l’information sur l’exposition au cortisol au cours des derniers mois. Des chercheurs allemands ont perfectionné cette nouvelle technologie et voulaient savoir le nombre de mois qui leur permettrait de détecter les profils de cortisol chez les patients déprimés. Trente-trois patients médicamentés pour la dépression ont été comparés à soixante-quatre adultes en santé. Avec deux segments de 3 cm de cheveux, ils ont démontré que les patients atteints de dépression avaient des niveaux de cortisol plus élevés que le groupe témoin et ce, pour les six mois précédents. Cette fascinante découverte ouvre les portes à de nombreuses possibilités, notamment à l’utilisation de cheveux comme mesure rétrospective des niveaux de cortisol. Cette découverte est très importante puisque différentes conditions psychologiques ont des patrons de cortisol distincts : certains sont liés à de hauts niveaux de cortisol (ex. : dépression, anxiété), alors que d’autres sont liés à de bas niveaux de cortisol (ex. : épuisement professionnel, fatigue). Les cheveux nous permettront peut-être de mieux comprendre comment ses phénomènes se produisent.

Titre: Introducing a novel method to assess cumulative steroid concentrations: Increased hair cortisol concentrations over 6 months in medicated patients with depression

Auteurs: Lucia Dettenborn, Christophe Muhtz, Nadine Skoluda, Tobias Stalder, Susann Steudte, Kim Hinkelmann, Clemens Kirschbaum, & Christian Otte

Journal: Stress (2011), Early Online, 1-6

Source: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22043813


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Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web