Parents

Le stress chez vos jeunes


Nous sommes des milliers de familles québécoises à amener nos enfants chaque matin à la garderie, courant bien souvent pour ne pas être en retard au travail. Nous laissons nos enfants dans des endroits remplis de bruits et de cris pour ne les reprendre que 8 à 10 heures plus tard. Contribuons-nous encore une fois à stresser nos enfants? Des études récentes ont démontré que non, et que la clé du succès résidait dans les éducateurs et éducatrices qui s’occupent de nos enfants. On a découvert qu’une éducatrice sensible et à l’écoute des besoins des enfants contribuait significativement à diminuer la sécrétion des hormones répondant au stress.

Encore une fois, ce sont les comportements des adultes (éducateurs dans ce cas) qui aident l’enfant à gérer la nouveauté, l’imprévisibilité, et à augmenter son sens du contrôle. Beaucoup d’éducateurs vous diront que les lundis sont plus difficiles que les mercredis à la garderie. Chaque lundi de la vie d’un jeune enfant représente une nouvelle transition d’un week-end passé à la maison à la garderie le lundi matin, ce qui augmente l’imprévisibilité et diminue le sens du contrôle. Ainsi, dans les garderies, il est extrêmement important qu’il y ait une stabilité au niveau du personnel pour que l’enfant soit assuré que la transition de la maison à la garderie n’est pas un chemin parsemé de nouveauté et d’imprévisibilité.

Ce qui ressort de la majorité des études mesurant le stress chez les enfants est que les parents sont les acteurs les plus importants pour gérer le stress de leur progéniture.

Toutefois, ils peuvent aussi être une source importante de stress pour leur enfant. Il y a quelques années, j’ai effectué une étude dans laquelle j’ai démontré que les enfants exposés à la pauvreté sécrètent plus d’hormones de stress que les enfants de milieux socioéconomiques aisés. Nous avons aussi montré que lorsque la mère présente des symptômes de dépression, son enfant réagit en sécrétant des taux anormalement élevés d’hormones de stress. Dans les deux études, le lien entre l’environnement familial et le stress chez les enfants n’était présent que chez les jeunes enfants de 6 à 10 ans, et disparaissait chez les adolescents de 12 à 16 ans. Il est clairement établi que lors de l’adolescence, l’importance de la famille diminue au profit de l’importance accordée aux amis et aux pairs. De plus, en vieillissant, l’enfant développe les capacités cognitives lui permettant d’établir un meilleur contrôle sur son environnement. Il est donc possible que l’enfant exposé à un environnement familial stressant bénéficie, à l’adolescence, de cette diminution de l’influence familiale, ce qui pourrait en fait contribuer à diminuer son stress.

Ce qu’il est important de retenir quant à la présence ou non de stress chez nos enfants, c’est que le stress est relatif. Sa présence dépend d’une multitude de facteurs provenant de l’environnement familial, de l’âge et la personnalité de l’enfant, et de son environnement social. Toutefois, la seule chose qui ne change pas avec le stress, ce sont ses causes : la nouveauté, l’imprévisibilité, et l’absence de contrôle. Travailler sur ces trois composantes, c’est assurer à soi-même et à sa famille une saine harmonie.


Chaire sur la santé mentale Femmes/Hommes Centre de recherche Fernand-Seguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine – site web