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En 2001, quelques mois après les attentats terroristes du World Trade Center à New York, une équipe de chercheurs américains a montré que plus les personnes avaient écouté les nouvelles des attentats dans les jours suivant l’événement, plus grande était la probabilité qu’elles développent des symptômes importants de stress.  Dans une autre étude, des chercheurs ont montré que le nombre d’heures passées à regarder les nouvelles après les événements du 11 septembre 2001 était associé à une plus grande probabilité de développer un désordre d’origine post-traumatique chez des gens n’ayant pas été exposés directement à l’effondrement des tours.

 

En 2019 une autre étude a montré que plus les participants avaient écouté des médias de prévisions météorologiques avant et pendant l’ouragan Irma en Floride, plus grande étaient leur probabilité de présenter une détresse psychologique et/ou des symptômes de désordre d’origine post-traumatique après l’ouragan.

 

Dans le but d’expliquer ces effets, les chercheurs ont porté leur attention sur la réponse biologique de stress.  La première chose qu’il faut savoir quand on parle de stress est que notre cerveau est un détecteur de menaces. La fonction première du cerveau n’est pas de remplir un formulaire (ou accomplir toute autre action nécessitant notre attention) au coin d’une table. Non, la première fonction du cerveau est de détecter des menaces dans l’environnement pour que nous puissions faire les deux seules choses possibles devant celles-ci : combattre ou fuir.  Lorsqu’il détecte une menace, le cerveau active une réponse biologique complexe qui mène ultimement à la production d’hormones de stress par deux petites glandes localisées au-dessus de nos reins qu’on appelle les glandes surrénales.  Lorsqu’elles sont produites, les hormones de stress vont aller agir dans notre corps pour nous donner l’énergie nécessaire pour combattre ou fuir et vont aller agir sur notre cerveau pour modifier la manière dont on interprétera notre environnement pour bien réagir à la menace.

 

Si vous regardez attentivement les nouvelles véhiculées par les médias, vous remarquerez que la très grande majorité d’entre elles sont négatives.  De plus en plus de chercheurs pensent que si les médias sont si populaires auprès du public, c’est parce qu’ils présentent des informations menaçantes qui sont détectées très rapidement par le cerveau.  Puisque la tâche première du cerveau est de détecter les informations négatives dans l’environnement dans le but de survivre, il en résulte que l’humain est de par sa nature un très grand consommateur de nouvelles négatives.

 

Toutefois, cette attirance normale des humains pour les nouvelles négatives vient avec un prix.

En effet, des statistiques rapportent que 84% des Américains considèrent les nouvelles médiatiques comme étant dépressives.

 

En 2012, mon équipe de recherche a effectué une étude dans le but de déterminer si la lecture de nouvelles négatives pouvait avoir un effet sur la réponse de stress et la mémoire.  Pendant un mois, nous avons sélectionné des nouvelles négatives et des nouvelles neutres provenant de deux grands journaux québécois.  Petit fait intéressant ici : il fut très facile pour l’équipe de recherche de trouver des nouvelles négatives dans les journaux évalués.  Toutefois, il fut très difficile de trouver des nouvelles neutres.  Je me souviens de mon étudiante qui est venue me voir très découragée pour me dire que même dans la section ‘santé’ de ces médias, la plupart des nouvelles avaient un titre négatif comme ‘L’association entre X et Y pour la santé des québécois : Un cocktail explosif !’

 

Une fois les nouvelles neutres et négatives trouvées, nous avons présenté les titres des nouvelles et le petit résumé les accompagnant à des hommes et des femmes.  La moitié des participants lisait les nouvelles neutres et l’autre moitié lisait les nouvelles négatives.  Après que les participants aient lu les nouvelles neutres ou négatives, nous les avons exposés à un stress de laboratoire et avons mesuré leurs hormones de stress.  Vingt-quatre heures plus tard, nous les avons appelés pour leur demander de rappeler les nouvelles lues la veille.  Les résultats ont montré que les participants ayant lu les nouvelles négatives ont réagi au stress en produisant de plus grandes concentrations d’hormones de stress que les participants ayant lu les nouvelles neutres.  De plus, nous avons montré que le rappel, 24 heures plus tard, des nouvelles négatives était significativement plus élevé que le rappel des nouvelles neutres.  Avec cette étude, nous avons montré que lorsque nous nous exposons à des nouvelles négatives, ceci augmente notre réactivité au stress et augmente notre mémoire des nouvelles négatives.

 

Autre fait intéressant : dans la majorité des études effectuées à ce sujet (y incluant la nôtre), on observe que les femmes sont plus sensibles aux nouvelles négatives que les hommes.  Dans notre étude, nous avons observé que ce sont les femmes qui montrent la plus grande réactivité au stress après la lecture des nouvelles négatives et une meilleure mémoire des nouvelles négatives lorsque testées 24 heures plus tard.  On croit que la plus grande sensibilité des femmes aux nouvelles négatives pourrait être liée à une plus grande tendance à la rumination chez ces dernières. Lorsqu’exposées à des nouvelles négatives, les femmes pourraient avoir une plus forte tendance à les garder actives en mémoire pendant une longue période de temps.

 

Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, les médias ne cessent de nous bombarder d’informations — la plupart du temps négatives — et ce, du matin au soir.  Si vous gardez la télévision ouverte au canal des nouvelles à longueur de journée, il se peut très bien que le sentiment de fébrilité et le mal de tête qui vous assaille en fin d’après-midi soit en partie lié au fait que votre cerveau réagit à chaque nouvelle négative entendue en produisant une réponse de stress.

 

Compte tenu du fait que nous devrons poursuivre notre confinement pour encore quelques semaines, il faudra peut-être penser à diminuer les heures de visionnement de nouvelles dans le but de nous protéger (avec notre famille) des effets des nouvelles négatives sur nos réponses de stress.

 

À quand remonte la dernière fois où vous avez fait jouer de la musique dans la maison?  Si vous n’avez pas de réponse à cette question, il serait peut-être temps de penser vous faire une ‘liste des meilleures tounes au monde’ pour vous aider à diminuer votre réponse de stress !  Je vous expliquerai dans un autre billet de blogue pourquoi la musique peut aider à diminuer notre stress :).

 

J’ai un autre truc pour vous.  En 2008, une journaliste danoise nommée Catherine Gyldensted a développé la notion de ‘journalisme constructif’.  Avec Karen Elisabeth McIntyre, candidate au doctorat en communication de masse, elle va définir le journalisme constructif comme étant une forme émergente de communication dans laquelle les journalistes s’engagent à ajouter des éléments positifs ou des éléments de solution aux nouvelles négatives qu’ils décrivent.  Si vous avez envie d’en apprendre plus sur ce sujet, je vous suggère d’écouter la conférence Ted (en anglais) donnée par Catherine Gyldenstend en 2016 à l’adresse

https://www.youtube.com/watch?v=mN3-bPjgFNU.

 

Au Québec, nous avons la chance d’avoir un site web qui ne se consacre qu’aux nouvelles médiatiques positives.  En 2008, Laurent Imbault, un acteur québécois, a fondé le site web ‘Global Goodness’ qui ne présente que des nouvelles positives qu’il glane à travers le monde (adresse web : https://globalgoodness.ca).   Quand j’ai une surdose de nouvelles négatives, je visite la page web de Global Goodness et je fais le plein de nouvelles positives.  Cela me fait le plus grand bien à chaque fois.

 

Essayez, vous verrez.  Une bonne nouvelle par jour à partager avec les membres de votre famille pourrait vous faire le plus grand bien !